Francebarter.coop : l’échange inter-entreprises ou la version dépoussiérée du troc



Résumé : Comment bénéficier de prestations, réaliser des investissements ou encore pallier à des dépenses courantes de la vie de l’entreprise tout cela sans sortie de trésorerie ? Quoi de mieux que l’échange comme moyen de paiement.

Samuel Cohen a toujours eu un esprit entrepreneurial. Tout commence lorsqu’il arrive aux États-Unis pour saisir des opportunités professionnelles. Il est à la recherche, au vu du contexte économique de crise, d’une idée de business à importer outre-Atlantique, qui serait peu connue mais porteuse. Et c’est là qu’il découvre le système du « Barter », terme anglo-saxon, qui signifie « troc » et s’applique aux échanges inter-entreprises. Dans l’aventure entrepreneuriale, il y a également Arthur Bard, lui aussi est séduit par ce système d’échange de par notamment son itinéraire professionnel. Une discussion s’engage alors entre ces deux protagonistes pour transposer, en France, cette solution destinée aux entreprises en recherche de financement. Pour mettre en œuvre leurs idées, ils décident donc ensemble de créer en 2014 la Société coopérative d’intérêt collectif France Barter. Bien entendu, un projet a besoin d’appuis financiers solides qu’ils trouvent auprès du Crédit coopératif (prise de participation) mais aussi du Pôle de compétitivité Finance Innovation. Pour eux, le Barter doit se démocratiser car il propose une alternative innovante au financement classique en créant et générant des interactions entre les entreprises d’un même réseau collaboratif.

Leur objectif : être le 1er Réseau en France d’échanges inter-entreprises généraliste reposant sur un nouveau mode de commerce.

Le concept est simple : les entreprises s’affilient à la société coopérative et deviennent à la fois membres et acteurs au sein du réseau. Elles peuvent ainsi acheter et vendre sur le réseau via une monnaie interne nommée le « Barter€ ». Mais quel est l’intérêt ? C’est permettre aux entreprises d’acheter sur le réseau avant même d’avoir vendu, autrement dit générer une dette auprès des membres du réseau et ensuite la compenser par des ventes futures. Prenons par exemple, une agence web qui veut renouveler son mobilier. Au lieu d’acheter celui-ci, elle passe par la plate-forme et « troque » la réalisation de sites web contre l’acquisition de ce mobilier. Une offre, un besoin et une plate-forme online pour faciliter les échanges inter-entreprises, et peut-être même trouver de nouveaux clients avec lesquels développer des synergies. Le « Bartering », c’est de l’échange de biens et services entre entreprises mais aussi un mode de paiement mis à disposition des TPE et PME !

Et pour la suite ? Comme l’échange suppose l’idée de proximité, France Barter envisage l’ouverture d’antennes locales partout en France et la mise en place d’équipes commerciales terrains pour développer et dynamiser ce mode de commerce alternatif.

Fiche de l’entreprise
- Le conseil des créateurs : le meilleur conseil est d’innover en suivant ses valeurs sans hésiter à être « destructif », c’est-à-dire ne pas être dans la continuité, changer les modes et façons d’être. Croire en des valeurs nouvelles dans une économie en mutation, c’est réaliser de belles choses.
- Le chiffre : l’objectif est de fédérer 1 000 entreprises via le système de licence.
- Le contact :
www.francebarter.coop, Twitter @FranceBarter

Crédit photo : francebarter

© Les Echos Publishing - 2015